vendredi 1 septembre 2017

UTMB 2017 - Badaboum!

Me voilà de retour sur l'UTMB pour la troisième fois. Moi qui avais l'habitude de dire que je n'aimais pas refaire les mêmes courses... Il faut croire que je l'aime celle-là! J'ai un peu de pression cette année car je sais que faire mieux qu'en 2016 sera difficile - au moins au niveau du classement. Pourtant je suis assez confiante car j'ai fait une très bonne prépa et je trouve les gambettes particulièrement affutées cette année. La météo ne s'annonce pas terrible, si bien que le parcours est très légèrement raboté du col des pyramides et de la tête au vent mais l'essentiel est bien de faire le tour du gros caillou! (NDLR: pour ceux qui en auront l'occasion...)




Le départ de l'UTMB est toujours quelque chose d'extraordinaire. Il y a une foule impressionnante, ça crie, ça tape, franchement cette course je la fais sûrement plus pour les 10 minutes avant le départ que pour la descente sur la Fouly! On se croirait tous des champions du monde!

Direction le départ avec les copains du team (Gedi, Yulia et Nic). Photo: Christophe Angot pour photosports.

Comme toujours Ludo fait monter l'ambiance. La musique de Vangelis retentit. C'est la 3ème fois et pourtant ça me fait toujours autant de frissons! 5-4-3-2-1 c'est parti!

Je suis dans les 1ères lignes et dès le départ je suis bousculée. Dis-donc il y en a derrière qui sont sacrément excités. Juste devant moi je vois un concurrent qui filme la foule en courant sans même regarder devant lui. Je me dis qu'il est inconscient vu la densité de coureurs. Et à ce moment là... Badaboum!!! Je n'ai rien compris mais j'ai été retournée comme une crêpe. Atterrissage violent les deux genoux sur le bitume. Je n'ai rien vu mais quelque chose (bâton?) m'a attrapé le pied droit par derrière. Le croche-patte parfait au moment parfait. La chute est violente car je n'ai même pas le temps de mettre mes mains devant pour amortir. Tellement violente que ça me résonne jusque dans la tête et que dans un 1er temps je crois que c'est la tête qui a tapé. Je suis sonnée, je ne comprends rien. Un spectateur me relève et me dis qu'il ne faut pas rester là. Merci à lui!

Je repars donc mais d'emblée j'ai mal. Dans un 1er temps c'est surtout au genou droit, sur la rotule, et dans une moindre mesure au genou gauche, un peu latéralement. Je me dis que ce n'est peut-être qu'un bleu et que ça va passer. Seulement la douleur au genou gauche augmente et ce n'est pas bon signe. Pourtant je cours bien et arrive aux Houches sans même m'en rendre compte. Moi qui d'habitude souffre sur le plat, j'ai la satisfaction de voir que j'ai bien progressé cette année là dessus.

Dans la montée au Délevret j'appelle Cyril pour lui dire que j'aurai besoin d'une bombe de glace aux Contamines. Je le rassure en lui disant "ce n'est rien ce n'est qu'un bleu". Politique de l'Autruche car je vois bien que courir est de plus en plus douloureux. Notamment dans la descente sur St Gervais où plusieurs concurrents me doublent alors que c'est normalement mon point fort.

A St Gervais la foule est impressionnante. Je tape dans quelques mains d'enfants, tente d'esquisser un sourire mais la tête est ailleurs "est-ce que c'est grave? est-ce que ça va tenir? P***** FAIT CH***!"

A St Gervais, quand je pouvais encore courir... Photo: Christophe Angot pour photosports. 
Quelques km plus tard, je rejoins Nic aux Contamines pour le 1er point d'assistance. Pendant que je me plains (et maudis le coureur inconnu qui m'a fauchée...), Nic me bombe généreusement de froid, échange mes flasques, me remplit mes poches. Tout ça en quelques secondes chrono et sans rien dire. Puis "allez c'est bon tu peux repartir". L'assistance digne d'une formule 1, malheureusement aujourd'hui pour des pneus crevés! Je repars en me disant qu'il faut que je sois à la hauteur. Allez petite, ça va aller, arrête d'y penser, sois positive!

Surtout que la bombe de froid fait son effet et pour la 1ère fois j'ai moins mal. A Notre Dame de la Gorge, je vois Cyril et mes beaux parents et leur dis "ça va beaucoup mieux, apportez la bombe à Courmayeur". Que je n'atteindrai en fait jamais...

A Notre Dame. Photo: Christophe Angot pour photosports. 

C'est à Notre Dame que les choses sérieuses commencent avec une montée de 1250m en 10km. La montée se passe plutôt bien puisqu'il s'agit de marcher et à la marche les genoux me font moins mal. Il fait très froid en haut mais je suis parfaitement équipée (Tshirt manches courtes ceramiq, coupe vent sans manche et veste crazy). Je n'ai pas du tout froid alors que les coureurs autour de moi grelottent. Avoir un bon équipement fera clairement la différence aujourd'hui!

Dans la descente qui suit, je douille. L'effet de la bombe de froid a disparu depuis longtemps. J'ai mal au genou, surtout le gauche que je plie de plus en plus difficilement. Mais en fait le plus douloureux c'est le pipi! S'agenouiller devient impossible alors je fais pipi debout... avec une réussite mitigée... au moins ça réchauffe les jambes! :)

Aux Chapieux je me demande pour la 1ère fois si je ne devrais pas m'arrêter là. Mais rentrer à Chamonix d'ici va être tellement long que je me convaincs de rejoindre Courmayeur. Et puis mon beau-père doit m'y retrouver et il rêvait tellement de prendre le tunnel, je ne peux décemment pas lui faire ça! ;) Sans compter que Mel et Math sont là pour m'encourager. Mel fait même quelques pas avec moi (oui je sais c'est interdit...), ça me rebooste.

J'ai beaucoup de mal dans la première partie de la montée du col de la Seigne car il faut courir, puis la pente augmentant je marche et c'est déjà moins douloureux. Mais la descente suivante est impossible. Désormais je ne peux plus plier le genou gauche, si bien que je tape dans beaucoup de cailloux, perds l'équilibre et dois plier la jambe pour me rétablir. Aïe PU***** de M****! Je vois le ravito du lac Combal en contre bas. Je ne peux plus courir, je marche jambe tendue, j'ai très mal. En arrivant au ravito mes premiers mots sont "comment on fait pour abandonner?".

Donc voilà DNF ("did not finish") sur l'UTMB. C'est une énorme déception d'abord parce que j'étais particulièrement en forme et cette course était ouverte. Je m'étais préparée pour un 100 miles, ma course a duré 100 mètres! Ensuite parce que j'ai le sentiment qu'on m'a volé ma course. Cette chute n'est pas de ma faute, je ne peux en vouloir qu'au coureur qui m'a attrapé le pied (et sans s'arrêter ensuite d'ailleurs....). Pourtant dans la tête je suis bizarrement moins déçue qu'à la Transgrancanaria. Course que j'avais finie mais dans un état pitoyable et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, je n'avais pas su me préparer. Comme je n'aime pas mal faire les choses, je m'en suis beaucoup voulu. Là finalement je trouve ça plus facile d'en vouloir à qqun d'autre qu'en vouloir à soi!

Le soucis de mon genou est donc un épanchement de synovie suite au choc. A J+5 je ne peux toujours pas plier le genou plus qu'à angle droit. Alors je prends mon mal en patience. Avant de repartir surmotivée pour la diag'!

Quoi qu'il en soit, mille merci aux milliers de spectateurs qui nous ont encouragés sur le chemin. Si vous saviez comme ça fait du bien au moral! Merci au team vibram pour les si bons moments partagés, à Nic et Jérôme pour l'assistance et le réconfort. Vous êtes une team de rêve! Evidemment et comme toujours, merci à ceux qui me soutiennent avec ou sans genoux: vibramisostar, trailstoreTente Hussarde NaïtUp.

Prochain RDV... lorsque le genou sera de nouveau d'attaque!

samedi 22 juillet 2017

Grossglockner Ultra Trail - le tour du gros caillou (sans le voir)

Après l'Espagne (Transgrancanaria) et l'Italie (Lavaredo), me voilà en Autriche pour le Grossglockner Ultra Trail. J'ai l'énorme chance cette année de voyager par le trail alors j'en profite! (merci Gedi pour l'invitation) Mes deux dernières prestations aux Canaries et dans les Dolos n'étaient pas folichonnes alors j'espère pouvoir me rattraper aujourd'hui. Pour la confiance d'abord, puisque c'est ma dernière course avant l'UTMB, et pour les organisateurs ensuite pour les remercier de leur accueil 4* et même plus (danke viel mal Kaprunerhof hotel! Das war einfach perfekt!). Le tracé du jour est simple: juste un petit tour du gros caillou autrichien. Quand même 110km et 6500+...



On est un peu plus de 300 à 23h à Kaprun sur la ligne de départ. Je suis en première ligne -privilièges des invités- et évidemment je me fais pas mal doubler sur les premières minutes. La première partie jusqu'au ravito de Ferleiten (km22) ressemble beaucoup au début de l'UTMB jusqu'au Contamines: une bosse, des chemins plutôt larges (malgré quelques singles) et du faux plat montant. Pas extraordinaire comme début de course mais c'est un bon entrainement pour l'UTMB. J'arrive au ravito avec deux féminines. Depuis le début, je n'arrête pas de me dire qu'on part trop vite sachant ce qu'il nous reste mais les filles sont surmotivées et je ne veux pas les laisser partir. Alors je sers les dents... et prie pour que ça lache! ;) Je repars juste avant elles après un ravito Formule 1 orchestré par Cyril.

5km plus loin, c'est là que les choses sérieuses commencent avec une montée bien raide jusqu'au U. Pfandlscharte (km35). J'apprécie de pouvoir marcher sans en avoir mauvaise conscience. Le parcours est devenu bien plus joueur, avec beaucoup de singles et une longue traversée de glacier où je m'amuse comme une enfant. Tout ça en débardeur à 2500m en pleine nuit et sans avoir froid! Inquiétant le réchauffement climatique mais en égoïstement agréable...

Ravito express à Glocknerhaus (remplissage des flasques en cranberry, km38) et j'attaque la montée jusqu'au Pfortscharte, point culminant de la course (2800m). Le jour se lève et je m'aperçois que la météo qui annonçait grand beau temps aujourd'hui semble s'être bien trompée puisque c'est tout bouché. Dommage de ne pas pouvoir voir les sommets car ça a l'air merveilleux. Peu de temps après, la pluie s'en mêle. Ca ne durera qu'une petite heure, mais assez pour bien refroidir mes ardeurs.

Est-ce le froid, l'excès de sucre ou autre? Peu après j'attrape des brûlures d'estomac. C'est un problème assez récurrent chez moi mais ce n'est que la 2ème fois que ça m'arrive en course. Un maalox, un smecta, un bouillon, du salé, j'entreprends l'extinction du feu intérieur. Les deux heures suivantes sont douloureuses, j'arrive à peine à courir en descente (remous) et surtout je ne m'alimente plus.

J'arrive à Kals (km60) où je retrouve Cyril mais avant même de lui dire bonjour je fonce vers la dame au bouillon. Tu permets mais là tout de suite y a des choses plus intéressantes que toi! ;) Recharge en barres et boisson, en espérant que je puisse bientôt me ré-alimenter (mais il est vrai que cela semble aller mieux).

Les 10km suivants sont hyper roulants, dans une vallée bucolique mais un peu monotone à mon goût. C'est pas dur, c'est tout droit le long de la rivière. La vallée en elle même est belle mais je ne prends pas de plaisir et la sanction est immédiate: quand je ne m'amuse pas, je n'y arrive pas. Donc c'est plat mais je marche souvent. Je me fais doubler par 2-3 coureurs mais j'ai beau essayer, je ne peux pas à les suivre. C'est dans la tête que ça se joue mais aussi dans les jambes. Car depuis Kals j'ai une dalle d'enfer. Maintenant que l'estomac a repris du service, il proteste violemment d'avoir été à la diète forcée pendant plusieurs heures. J'ai rapidement terminé toutes les barres que j'avais prévues sur cette portion. J'attaque la montée de Kalser Tauern (km78) avec les poches aussi vides que les gambettes. Cette montée est un long chemin de croix. C'est raide et je n'ai pas d'énergie. Je m'arrête plusieurs fois. Atteindre le sommet est une délivrance comme j'en ai rarement connue.

Je retrouve Cyril peu après au ravito de Rudolfshütte. Je repars avec le double de ce que j'avais prévu mais il faut bien nourri l'ogre qui est en moi! On bascule sur la partie que je trouve la plus grandiose. C'est mega sauvage dans un enchevêtrement indescriptible de rochers à travers lesquels le sentier serpente. Avec le lac en contrebas et le glacier juste au dessus, c'est juste hallucinant de beauté, même si malheureusement la chape de nuage nous empêche de voir les sommets.

Les gambettes de Juliette. Si si! Photo: sportograf.com
J'arrive à Kaprunertörl (km85), dernier sommet du jour. A partir de maintenant il suffit de descendre... pendant 25km quand même! On bascule vers le très joli Stausee (km90), ça je connais puisque j'y étais la veille. C'est marrant mais la descente m'avait paru plus facile la veille. Enfin il faut dire que j'étais en bus!

La descente jusque Kesselfallhaus (km102) est roulante mais assez joueur et je m'amuse. C'est fou à quel point j'ai retrouvé des forces depuis Rudolfshütte. Quand je pense à mon état de fatigue avancé quelques heures plus tôt, je me dis qu'il ne faut jamais baisser les bras en ultra! Je double beaucoup de monde sur la descente, mais malheureusement ce ne sont que des coureurs du 50km qu'on a rejoint depuis quelque temps. C'est à la fois fatiguant ("vorsicht", "bitte", "achtung", "bitte", "vorsicht" etc) et motivant.

Après Kesselfallhaus c'est un peu plus monotone mais il faut bien rentrer n'est ce pas? Je mets mes dernières forces dans les derniers km. Je franchis la ligne après 17h27, 1ère femme (10/150 scratch, 7%). Très contente de ma course après un petit passage délicat à mi-course. Mais il faut bien quelques petits grains de sable pour pimenter l'aventure!

Les gambettes à l'arrivée. Photo: Cyril Pérot 

Vielen dank aux organisateurs pour leur invitation et leur accueil XXL. Je ne connaissais pas les Alpes autrichiennes et je n'ai pas été déçue. Les paysages sont déments, je suis extrêmement contente d'avoir couru au milieu de ces décors majestueux. Malheureusement la météo m'a empêchée de voir le sommet du gros caillou alors je crois bien qu'il va falloir que je revienne! Les organisateurs si vous repassez par là... ;) Evidemment et comme toujours, merci à ceux qui me soutiennent avec ou sans victoire: vibramisostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.

Prochain RDV sur l'UTMB pour un autre tour de gros caillou!

samedi 24 juin 2017

Lavaredo Ultra Trail 2017 - La douleur de l'abandon

Voilà les gambettes dans les Dolos pour leur deuxième participation de l'année à une course de l'UTWT. Au menu du jour le Lavaredo Ultra Trail, environ 120km et 5800m D+. Une course qu'on annonce roulante mais incroyablement belle. J'arrive en forme et motivée pour partager ce moment avec les copains du team vibram. La vue depuis Cortina en dit déjà long sur ce que l'on va prendre dans les yeux. Amitié, trail, soleil, je me dis que tout est réuni pour que je passe un bon week-end. Seulement...




La départ est donné à 23h devant un public nombreux. Bravi bravi bravi! (car comme je l'apprends pour l'occasion, "bravo" s'accorde en italien)

Cherchez Charlie! (si si je me vois). Photo: organisation.

J'ai les jambes coupées au départ mais comme toujours il faut quelque temps aux gambettes pour chauffer et quelques dizaines de minutes plus tard elles ronronnent comme un vieux diesel. Le parcours est roulant, c'est sûr, néanmoins le d+ est là et perso je fais la plupart des côtes en marchant, les mains en appui sur les genoux. Tout le monde ne s'appelle pas Caro Chaverot! ;)

Première bosse passée, j'attaque la 2ème en marchant-trottinant. Sans que je comprenne pourquoi, une petite douleur s'installe peu à peu dans la fesse gauche. Je me dis que ça va passer, ça m'arrive d'avoir de petites douleurs qui passent. Malheureusement celle-ci ne s'estompe pas au fil des km et a même plutôt tendance à augmenter. Pour l'instant c'est tout à fait supportable mais vais-je tenir 100km comme ça? Ca commence à gamberger dans la tête bien plus que dans les gambettes.

Au ravito du km33, je retrouve les vibram boys pour le ravito. Je leur dit que j'ai mal à la fesse et que je vais voir comment ça évolue. Je suis loin de devoir abandonner mais le fait que ça ne se stabilise pas m'inquiète. J'ai déjà fait la diag' en 2014 avec une douleur bien plus forte au genou (chute) mais la différence notoire est que la douleur s'était vite stabilisée. Dans la tête je n'avais pas l'impression d'empirer les choses à continuer. Aujourd'hui c'est différent.

Le soleil commence à pointer le bout de son nez dans la montée vers les tre cimes. J'éteins la nao et découvre les magnifiques falaises qui nous entourent. Ah c'est beau les Dolos! Je monte en marchant à un bon rythme. La douleur à la fesse continue d'augmenter mais c'est encore supportable en montée, même si la descente m'inquiète plus. Mais chaque chose en son temps: pour l'instant, monter!

Au refuge je retrouve Jérome, Nico et co. Je leur dit que je continue parce que maintenant que je me suis tapée toute la nuit, j'ai quand même envie de profiter un peu du jour! Mais intérieurement je suis pessimiste pour la suite. Je repars en trottinant ou plutôt en claudiquant puisque je boite depuis quelque temps pour diminuer le poids sur la jambe gauche. Maud qui était juste devant moi au refuge disparait vite, d'autres coureurs me doublent. Pas facile dans la tête mais la vue est tellement GRANDIOSE que je garde le sourire. GRANDIOSE n'est pas le mot. A vrai dire il faudrait inventer de nouveaux superlatifs. Lever du jour orangé sur les falaises grises vertigineuses des tre cimes au dessus d'une mer de nuages bleue. Sincèrement j'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau!

Au pied des tre cimes. Photo: organisation

La piste en balcon terminée, on attaque une descente de 800m D-. Raide et un peu technique au début, puis bien plus roulante (et à vrai dire un peu ch***) par la suite. J'arrive à courir au début mais ça devient vite trop douloureux. Je cours 10m et marche 5m. A chaque pose du pied, c'est un petit coup de poignard dans la fesse. C'est une douleur bien localisée mais qui devient décidément très douloureuse. Je fais un rapide calcul, il me reste plus de 60km à continuer comme ça. Je n'ai jamais eu de plaisir à courir dans la douleur mais surtout je n'arrête pas de me répéter que c'est une connerie ce que je fais, que le fait que j'aie de plus en plus mal, c'est que les choses empirent. J'ai mal mais de toute façon ça gamberge bien trop dans la tête pour courir. C'est décidé, j'arrête. J'appelle les vibram boys pour qu'ils viennent me chercher à la prochaine route. Km60. Fin de l'aventure dolomitienne. (ça se dit?)

Bizarrement au début, cet abandon (mon 1er sur blessure), je ne le prends pas mal du tout. Sans avoir abandonné, je m'en voulais bien plus à la Transgrancaria de m'être si mal préparée. Aujourd'hui physiquement j'étais prête, je n'ai même pas chuté, pas fait d'erreur. Je me dis qu'une blessure ça arrive, c'est peut-être juste la faute à pas de chance. Mais le moral se détériore au fil de la journée, alors que je vois les sourires radieux des coureurs franchissant la ligne d'arrivée à Cortina. Le bonheur des uns ne fait pas toujours le bonheur des autres!

6j après, je pense avoir digéré. De toute façon il faut avancer, ce qui est fait est fait! Pour la petite histoire, cette douleur c'était une élongation qui est déjà pas loin d'être guérie. La reprise est imminente. :)

Je n'ai vu que la moitié du parcours mais ce que je peux en dire c'est que les paysages sont grandioses mais le tracé en lui-même est beaucoup moins enthousiasmant. Beaucoup de pistes monotones, de longues lignes droites, très peu de singles. Personnellement, une année où la météo ne permettrait pas de profiter des paysages (et c'est souvent le cas dans les Dolos!), je m'ennuierais sacrément. Ceci étant dit, il en faut pour tous les goûts et heureusement qu'il y a des courses comme ça pour ceux qui aiment envoyer.

Pour finir, merci au team vibram pour leur assistance physique et morale, leur bienveillance, leur gentillesse, leur amitié, les tranches de rigolades et les bonnes pizzas! Merci aux organisateurs, aux baliseurs, aux bénévoles. Et un grand merci aux nombreux supporters italiens présents à chaque coin de route. Bravo brava bravi! Et évidemment merci à ceux qui me soutiennent avec ou sans ligne d'arrivée: isostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.



dimanche 4 juin 2017

Transju'trail 2017 - en mode boue et TTT

Après Gruissan en février, me voilà avec la Transju'trail sur une 2ème manche du TTN en l'espace de quelques mois. C'est qu'avec les copains du TTT (et surtout son prez!!), on a décidé cette année de jouer le classement club. Indépendamment du TTN, c'est de toute façon une course qui me dit depuis quelque temps: 72km 3200+ de traversée du Jura de Mouthe aux Rousses, dans l'autre sens que la transju ski de fond que j'ai déjà faite plusieurs fois et en passant par les sommets. C'est l'occasion d'aller voir à quoi ressemblent les sentiers jurassiens l'été. Enfin l'été au sens jurassien...



La veille en fin d'après-midi il commence à pleuvoir des cordes et au réveil au matin ça n'a pas diminué. Je me dis que finalement, je n'ai peut-être pas tant envie que ça de la faire cette course! Mais c'est le trail, il faut se faire aux conditions météo. Et puis pas le choix, le prez veille aux grains!

Le départ est donné de Mouthe sous une bonne pluie bien fraiche. Je pars prudemment parce que je sais que ça va être long cette histoire mais aussi parce qu'on m'a conseillé d'arriver fraiche à Morez à mi-course, voire même à Prémanon. Je cours les premières minutes avec Delphine avant qu'elle ne décroche un peu. Il pleut mais sous les grands sapins on est relativement épargnés. Et puis au fil des kms le ciel semble s'éclaircir un peu. On passe du gris foncé au gris clair, si ça se trouve, c'est même ce qu'on appelle du beau temps dans le Jura! ;)

A la Chapelle des bois (km16), je retrouve le prez derrière l'objectif et Cyril derrière les flasques. Malgré la pluie il y a beaucoup de spectateurs. Et oh c'est pas une petite bruine (=pluie battante) qui va faire peur aux jurassiens! Inconscience ou excès d'optimisme, je décide de changer mon kway pour un coupe-vent. Bonne galère pour l'enfiler sous la pluie malgré l'aide de Cyril: la membrane colle aux bras et puis mince (pour rester polie), il est à l'envers! Je mets plusieurs minutes à me changer, tout ça en répondant en même temps aux questions du speaker. C'est la galère! Finalement ouf je repars.

Départ du ravito de la Chapelle des bois (avec Yanis). Photo: le prez

On enchaine par une montée courte mais assez sèche puis quelques km de crêtes de la roche Bernard. C'est sûrement beau, enfin j'en sais rien car aujourd'hui c'est complètement bouché. Dommage! Je continue mon petit bonhomme de chemin (boueux) et rejoins Morbier (km32). On m'a dit que c'était le seul endroit de la course où on trouvait du Morbier et croyez-moi, ce n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde! Donc on va dire que j'en profite bien... Désolée pour ceux qui derrière moi n'ont pas pu en avoir! ;)

A Morez (km34) je retrouve le prez derrière l'objectif et Cyril derrière les flasques. Ravito express qui cette fois se passe à la perfection. Je repars sous les encouragements du public nombreux et avec Sangé qui me fait l'honneur de m'accompagne sur les 1ers mètres. Merci mec pour les paroles sympas et plus encore pour ton sourire communicatif!

Au ravito de Morez. Photo: le prez

On enchaine par un bon raidard puis un single joueur, encore plus avec toute cette boue. Ca ressemble parfois plus à du ski-boue qu'à du running... Finalement cette transju ne me change pas vraiment de la version ski de fond!

A Prémanon (km47), Cyril et le prez ne sont pas là mais c'est normal, ce n'était pas prévu. Je fais un ravito express parce que le 23km vient de partir il y a 5' à peine et le début du parcours étant différent, j'ai toujours l'optimisme de croire que je vais pouvoir passer avant. Que nenni quelques minutes plus tard les deux courses se rejoignent et je suis en queue de peloton du 23km. Il y a des dizaines et des dizaines de coureurs autour de moi alors que jusque là j'étais presque seule. Je réalise que je vais devoir faire toute la fin de course avec le peloton du 23km et ça me zappe un peu le moral.

Mais c'est peut-être un mal pour un bien côté chrono car cela me motive pour la Grande Remontada du Peloton. Je double à gauche, à droite, au milieu, dès qu'il y a un petit trou je m'y engouffre (de manière peut-être peu cavalière parfois - désolée les coureurs). Et je remonte et je remonte et je remonte. Mais c'est pas possible, il viennent d'où tous ces gens, il y en a toujours autant!

J'arrive au ravito des Dappes (km54) où je dois retrouver Cyril. J'ai beau bien regarder, je ne le vois pas mais il faut dire qu'entre les spectateurs, les assistants et les coureurs, il y a un monde fou quand je passe. En voyant la longue queue de voitures sur la route, je me dis que Cyril doit être dans les embouteillages, il n'a pas dû pouvoir arriver à temps. Je repars sans me ravitailler en me disant qu'il sera au prochain (que l'on avait pourtant pas prévu).

Je fais la montée jusqu'à la Dôle aussi vite que je peux car il y a un challenge spécial sur cette montée et je suis joueuse! Je continue la remontada du 23 mais je n'ai pas l'impression que ce soit moins dense. C'est pas possible, il se multiplient ou quoi tous ces coureurs?! Arrivée au sommet de la Dôle (km57), je ne vois pas de tapis pour prendre le chrono. Je me dis mince, c'est peut être plus loin alors je continue aussi vite que je peux. Ca descend puis remonte jusqu'au col de Porte. Je suis toujours "à fond" (avec les guillemets - on parle des gambettes quand même!). Pétard mais il est où ce foutu tapis pour le chrono?!? Je double Mayou dans le dernier raidard, puis on bascule sur le ravito de Cuvaloup (km62).

A Cuvaloup, pas de tapis (je me dis que j'ai dû le rater) mais surtout pas de Cyril. P**** mais où il est le coquin? Je n'ai plus rien à manger, plus de powertabs à mettre dans mes flasques. En fait Cyril est ... encore en train de m'attendre au ravito précédent! Depuis 1h30 sous la pluie! Il était bien là quand je suis passée mais à cause du monde on ne s'est pas vu. Et vu que le livetrail ne marche pas il croit que je ne suis pas encore passée! Bref, c'est la loose!

Je repars du ravito avec une banane entière dans la main en espérant que cela fasse l'affaire pour les derniers 10km. Malheur, 50m après le ravito, je la fais tomber dans la boue. Je me retourne et estime que 50m pour quelqu'un qui doit en faire 72000 c'est décidément un trop gros détour et donc je continue. Erreur! je suis complètement à sec et l'hypo me guette. Je ressors les vieux emballages de gels mangés quelques heures plus tôt pour en extraire les dernières gouttes. Il y a plein de coureurs autour de moi, dont Mayou qui me redouble, mais j'estime que ce ne serait pas correct de leur demander à manger. C'est moi qui me suis emmêlée les doigts de pieds dans les ravitos, j'assume. Je guette par terre si quelqu'un n'aurait pas perdu (ou jeté...) un gel ou une barre. Même à moitié mangés et tombés dans la boue, au point où j'en suis, je prends tout! Mais malheur aux jurassiens, ils ne sont décidément pas assez sales! Ca vous perdra! ;)

Je finis tant bien que mal en jetant mes dernières forces dans la bataille, accompagnée de Mickael qui m'a rejoint après une bonne pause au ravito. Tellement contente de voir la ligne d'arrivée, je n'aurai pas pu continuer longtemps comme ça! Au final 8h04, 1ère femme, (32/390 scratch, 8%). Un chrono que je n'espérais pas aussi bas!

La tape avec Mayou à l'arrivée. Photo: Nordic magazine

Merci au TTT pour ce week-end d'enfer comme toujours! Avec un énorme chrono pour tous (5 dans les 33 premiers!). Bravo les copains! On attend le classement équipe mais ça sent bon! ;) Merci au prez de nous obliger euh nous encourager à vivre des émotions comme ça! ;) Merci aux organisateurs, aux baliseurs, aux bénévoles. Et un grand merci aux jurassiens pour leur présence à chaque coin de sentier malgré la météo. Et évidemment merci à ceux qui me soutiennent sous le soleil comme dans la boue: vibram, isostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.

Prochain épisode dans les Dolos sur le Lavaredo Ultra Trail avec les copains du team vibram!

samedi 20 mai 2017

Festa trail Pic Saint Loup 2017 - le festa trail du caillou!

Retour aux affaires 2 semaines après avoir à grand regret annulé ma participation au tchimbe. C'est que j'ai contracté mi-mars une tendinite à la hanche (trochanter), pas bien méchante mais dont j'ai eu toutes les peines du monde à me défaire. C'est coriace ces p'tites choses là! 2 semaines donc, et 6 séances d'ondes de choc plus tard, le kiné me donne le feu vert pour reprendre les entrainements longs. Euh... est-ce que ça inclut un 75km? Pas sûre que ce soit complètement raisonnable (d'ailleurs je n'en dirai rien à mon kiné. Doc, si tu passes par là: surprise! ;)) mais j'ai besoin de refaire des km, de retrouver l'ambiance des courses, bref j'ai envie d'y aller. Et puis autant le tchimbe je ne le sentais pas, -trop tôt encore- autant là j'ai la sensation que ça va le faire. Au programme donc le Festa trail Pic Saint Loup, un événement que je connais puisque j'y étais l'an dernier avec le TTT en mode supporter. Une fois n'est pas coutume, je me contente de la 2ème plus grande distance qui sera bien suffisante pour une reprise: l'Hérault trail, environ 75km 3200+.



On est un peu moins de 300 dans le joli village de St Jean de Buèges, ready pour affronter les 75km de cailloux jusque St Mathieu de Tréviers. Ludo The voice est là pour mettre l'ambiance sur le départ, sous un ciel magnifiquement bleu. 9h: coup de fusil du maire, c'est parti!

Ludo The voice qui met l'ambiance au départ. On est chaud! Photo: Evasion sport BY Charles

Je sais que les plus grandes difficultés sont sur les deux premières bosses avec la moitié du D+ à avaler en 25km, puis 50km plus roulants. Ces données, ajoutées à mes talents innés de "starteuse" et au manque de km des gambettes, font que j'opte pour un départ relativement cool. Une féminine, Jennifer Lemoine, prend déjà la poudre d'escampette. Je ne la suis pas, aujourd'hui je veux surtout finir sans me (re)blesser et de toute façon honnêtement, elle adopte un rythme que je ne pourrais pas suivre même avec les gambettes de ma jeunesse!

Je me fais doubler par pas mal de coureurs dans la première bosse (Peyre Martine). Certes, je ne suis pas du tout à l'aise dans ces petits cailloux roulants (diantre! mais comment font-ils pour courir là dedans?) mais tout de même, je m'étonne d'être autant dépassée: soit je suis vraiment plus à la rue que je ne le pensais, soit beaucoup prennent un départ trop rapide. Ou les deux! Je galère donc à la monter mais malgré tout cette première bosse me plait. C'est sauvage et la vue est vraiment sympa depuis le sommet. La descente qui suit est joueuse et ça tombe bien, j'aime jouer.

Retour à St Jean pour le 1er ravito avec pas mal de spectateurs, merci à eux! La deuxième bosse (Roc Blanc) passe mieux. On a quitté les petits cailloux qui roulent pour de plus gros rochers stables et c'est plus le genre de terrain dont j'ai l'habitude. La vue au sommet du Roc Blanc est grandiose. Grand ciel bleu avec vue à 360°, rien que ça! Je suis heureuse et je crois que ça se voit!

Elle est pas belle la vie en courant? Photo: Evasion sport BY Charles

Arrivée à Brissac, c'est ici que la course commence... au sens propre! 1300m+ en 40km, autant s'y résoudre: maintenant il va falloir courir, et ce n'est pas ma plus grande qualité! D'autant que km suivants sont un peu moins sympa que ce à quoi les 35 premiers nous avaient habitués. Quelques passages de routes et pistes forestières que je trouve un peu monotone, mais aussi des passages sympas (dans les cailloux, of course!), notamment le ravin des Arcs vraiment mémorable (autour du km50).

A St Martin de Londres, moins de 20km encore à parcourir, je sais que ça va le faire même si je n'ai plus beaucoup de jus dans les gambettes. Manque de foncier quand tu nous tiens! Je suis depuis quelque temps déjà avec un autre coureur, Pierre Boudet. Il fait le rythme devant et semble plus frais que moi mais, excès de gentillesse, il refuse de partir et ralentit dès que je décroche. Et c'est malheureusement de plus en plus fréquent. On discute pour passer le temps, notamment de la diag' qu'il balise en partie. Parler de mon petit chouchou d'amour (Cyril, je parle de la diag' ;)) me motive. Enfin provisoirement car ce qui devait arriver arriva: je décroche franchement dans la montée vers Cazevielle et Pierre disparait.

Au ravito de Cazevielle, je vois un coureur qui repart tout juste, Maxime Liautaud. Je me dis que je vais essayer de le rattraper au train, ça me motivera pour la dernière bosse. Hé, reviens sur terre fillette: j'ai beau l'avoir en ligne de mire à 20m de moi, décidément je n'ai pas assez de jus et un trop petit moral pour combler le trou. L'écart augmente dans la descente et rapidement je ne le vois même plus. Je finis donc à mon rythme de gambettes fatiguées. Je franchis la ligne, accueillie par les mots doux et passionnés de Ludo. Merci the voice et RDV à l'UTMB pour la même! ;)

Elle est pas belle la vie en arivant? Photo: Evasion sport BY Charles

Pour les chiffres, je finis donc 2ème féminine, 11/211 scratch (5%). Pas si mécontente que ça de ma course même si clairement il va falloir que je bosse sérieusement la bosse et le foncier. Mais ma plus grande satisfaction est probablement d'avoir vaincu cette $*%*$% tendinite puisque je n'ai eu aucune douleur sur la course. Je finis 35' derrière Jennifer, honnêtement c'est énorme et même avec les gambettes de ma vie, ce trou je n'aurais jamais pu le combler. Bravo à elle donc! Et dire que c'était sa première longue distance, ça promet!!

Merci aux organisateurs pour leur invitation, je suis bien contente d'avoir vécu cet événement festif, familial, bon enfant, passionné... et rocailleux! Amis lecteurs traileurs, il faut y aller! Pour finir, merci évidemment à ceux qui m'accompagnent dans ces aventures: vibram, isostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.

Prochain épisode sur la Transju'trail en mode TTT!

dimanche 16 avril 2017

Trail des Citadelles 2017 - du chocolat pour Pâques!

Alors celle-là elle fait du bien!

7 semaines après la panne sèche sur la Transgrancanaria, quel plaisir de ressortir les épingles! La pause sans dossard ne devait pas être aussi longue mais une inflammation à la hanche m'a empêchée de courir la Maremontana avec les copains du team. J'ai un grand smile sur la ligne de départ. Ca m'avait manqué ce petit stress, cette ambiance, ces défis! Et puis ce trail des citadelles, je le connais et il me plait puisque je l'ai déjà couru l'an dernier. Cette année l'orga nous propose quelques petites variantes mais voilà à peu de choses près ce qui nous attend, environ 73km et 3500+ (ci dessous la trace de 2016).



J'ai beau être contente d'être là bizarrement je n'ai jamais aussi peu préparé une course. Je ne parle pas de la prépa des gambettes mais de la planification de base: regarder le parcours, le matos obligatoire, l'heure de départ. C'est ainsi que j'apprends la veille presque par hasard que la course démarre à 6h et donc de nuit (je pensais que c'était 7h)... Je n'ai pas prévu d'autre lampe que la petzl elite qui éclaire autant qu'un briquet, et ben tant pis pour moi, il faudra faire avec!

6h moins quelques seconds donc, sur la ligne de départ, le speaker commence le décompte: 10-9-8-7-6-5- je ne sais pas pourquoi, je baisse les yeux à ce moment là et c'est ainsi que m**** je réalise que j'ai oublié de mettre mon dossard - 4-3- m*** p**** de m**** que faire??? -2-1-0 m**** ça part! Allez hop, décision rapide, je quitte le peloton, micro crochet par la voiture, galère pour trouver les clés que j'avais bien cachées tout au fond du sac pour ne pas les perdre (la bonne idée), pêche au dossard, enfilage de la ceinture et c'est reparti! Juste quelques minutes de perdues mais pas mal de stress et me voilà tout au fond de la course! Je passerai la première 1/2 heure à remonter le peloton mais c'est sans problème puisque les chemins sont larges.

La première partie jusqu'au ravito de Bélesta est sûrement celle que je préfère. Que des single, voire même un peu de hors sentier. C'est sauvage, ça me plait! Et puis cette année on peut bien courir puisque c'est presque sec. Enfin il y a bien quelques passages de boue épaisse. Eh oh faut pas déconner, on est en Ariège quand même! ;) La suite est une alternance de petits sentiers et chemins roulants. Le trail des citadelles, c'est un parcours polyvalent où il faut être bon sur tous les profils. Un excellent exercice en ce début de saison!

Dans la montée de Montségur. Photo: JC Gauvrit

J'arrive au pied de Montségur en 2ème position féminine après avoir doublé 3 filles coup sur coup. Je sais qu'elles ne doivent pas être loin derrière. Et je ne crois pas si bien dire puisqu'au détour d'un virage je vois Marta (Escudero) qui me talonne. J'arrive à maintenir la tête jusqu'au château. Je me lâche dans la descente en espérant faire un peu le trou. Mais peu après le ravito de Montferrier, j'entends des pas qui me rattrapent, me retourne et malheur! Ce n'est pas Marta, c'est Marta ET Corinne (Kagerer)!! Elles ont un bon pas et ont l'air fraiches. Je n'arrive pas à les suivre et d'ailleurs je n'essaie pas, préférant garder mon rythme (de croisière). Ah les garces!! Ejectée du podium! ;)

Dans l'ascension de Roquefixade, le vue se dégage et c'est vraiment beau. Ca a de la gueule ici quand même! Le petit chemin en crête est vraiment sympa, je profite de la vue même si je ne relâche pas l'effort. Eh oh j'ai un dossard quand même, esprit de compétition quand tu nous tiens!

La vue dégagée sur Roquefixade et le smile qui va avec. Photo: Yvan Arnaud (phototrail.fr)

La dernière ascension à partir de Raissac est un vrai mur! Suit un sentier de crêtes tout en lapias bien casse pattes, puis une dernière descente digne d'une piste noire de ski! Ah ça, c'est sûr, ils n'ont pas râté le bouquet final les organisateurs, on s'en souviendra! Je franchis la ligne avec le même smile qui m'a accompagné tout au long de la course en 8h34, 4ème femme (23/309 scratch, 7%).

Médaille en chocolat donc, et fière de l'être! :) Le niveau était relevé cette année, bravo aux trois filles devant mais perso je suis assez contente de ma prestation avec un rythme correct et régulier. J'ai changé beaucoup de choses dans mon entrainement cette année et il y a eu pas mal de doutes depuis le touché-coulé de la Transgrancanaria. Mais cette course est rassurante, je pense que je suis sur la bonne voie. Je suis loin de mon pic de forme mais c'est tout à fait normal, il est visé pour début septembre si vous voyez ce que je veux dire! ;)

Merci aux organisateurs pour l'invitation et pour ce trail aussi sympa qu'intéressant en ce début de saison! Merci à Mr soleil d'avoir caché Mme pluie dans le placard pour nous offrir une édition qui n'a sûrement jamais été aussi sèche! Enfin merci à vibramisostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp pour l'accompagnement de tous les jours!

Prochain épisode sous les cocotiers du tchimbé raid! [edit: changement de programme: Festa trail Pic Saint Loup]


samedi 25 février 2017

Transgrancanaria 2017 - Panne sèche!

Et voici le premier gros morceau de la saison, également ma première course de l'UTWT 2017: la Transgrancanaria. Soit une timide traversé d'île de 120km et 7000+.


120km donc... une entrée copieuse pour débuter la saison d'ultra, surtout si tôt dans l'année, mais cela fait un bail que cette course me dit et il fallait bien que je craque un jour! C'est aussi l'occasion de rencontrer une partie du team Vibram et de faire l'expérience de sa logistique.... particulière! ;) mais rythmée d'éclats de rire!

Ready to grip! Stefano, Marco, Jérôme, Yulia, Sylvain et ma pomme. Photo: Klaus Dell Orto (OpenCircle)

Samedi 23h sur la ligne de départ d'Agaete, je suis vraiment heureuse de me trouver là. L'ambiance de ces grosses courses, c'est décidément quelque chose que j'aime bien. Je me sais à court de préparation mais le profil et le terrain me correspondent. Ce ne sera probablement pas la perf de ma vie mais je suis relativement optimiste. (hum)

Le sourire du départ. Photo: Cyril Quintard (alpephoto

Top départ! A peine quelques mètres de plat avant la première montée; je valide le parcours! 1400m+ sur les 10 premiers km, c'est sûr, ça donne le ton. J'alterne marche et petites relances. Les gambettes ne sont pas dans un jour exceptionnel mais rien d'étonnant vu la prépa. Et puis je mets toujours du temps à faire monter la pression, ça devrait aller mieux au fil de la course (hum hum). Rebelotte après la descente sur Tirma (km18, 1700+): 1000m+ en 7km. Après 25km, on en est à 2500+, ça calme!

J'arrive à Artenara (km34, 3000+, 4h50), premier point d'assistance par Nicola. Et quelle assistance! Changement des flasques, pleins de barres, un verre de boisson reload, quelques lampées de veggie purée et ça repart illico! Si dans les jambes je suis un diesel, grâce à Nico pour l'assistance je suis une formule 1!

Le parcours continue avec de bonnes petites bosses et de bonnes petites descentes bien raides. Je me sens de mieux en mieux. Le diesel s'est mis en route, y a plus qu'à le laisser rouler! J'arrive à Terror (km56, 3800+, 7h50) avec le sourire pour le 2ème point d'assistance. Assistance formule 1, il va sans dire. Nico t'es le boss! (note pour Cyril: t'es viré! ;))

Ce qui suit est un gros morceau: 1100m+ en 10km. Et c'est là que je commence à montrer des signes inquiétants de fatigue, du moins si tôt dans la course. Bizarre, j'étais bien juste avant, je ne l'ai pas vu venir celle-là. J'ai de moins en moins de force dans les jambes. Je pousse, les mains sur les cuisses, mais c'est laborieux. Au sommet, à la cruz de Tejeda (km67, 5000+, 9h58), il y a de la brume, c'est humide et j'ai froid. Je ne trouve pas mon coupe vent, mer##, j'ai du le perdre en route ("have you seen a vibram white jacket?" je demande à tous ceux que je croise, même ceux dans l'autre sens! une blonde qui s'ignore!). Le froid contribue sûrement à accélérer ma fatigue.

La descente qui suit sur Tejeda (km72, 5000+) n'est pas faite pour me rassurer: les fibres commencent à craquer de tous les côtés. J'avance encore à un rythme correct (10' de retard sur la 2ème femme: bravo Mel, 3ème au final!) mais cette fatigue est inhabituelle chez moi et il reste encore 50km...

Et ça continue encore et encore: je me traine péniblement jusqu'au Roque Nublo (km78, 5800+, 11h53) mais je n'arrive même pas à courir sur la dalle finale, pourtant plate. Le temps s'est levé et la vue est magnifique. Pourtant, en bonne traileuse, je ne pense qu'à regarder mes pieds et broyer du noir dans ma tête: "je suis trop fatiguée, je ne vais pas y arriver". "il faut que j'abandonne" "il reste 45km, ce n'est pas raisonnable". Bref le moral est au beau fixe!

Broyage de noir (et jaune) dans la magnifique montée au Roque Nublo. Photo: Cyril Quintard (alpephoto
Après une courte et raide descente, j'arrive à Garanon (km80, 5800+). Et là surprise: c'est Jérôme qui m'attend avec un large sourire! C'est qu'il est arrivé 1er (et seul participant) du 30km Agaete-Artenar! ;) Je lui dis que je suis cassée, que je vais continuer mais que j'arrêterai sûrement dans la descente. "Pas de problème, dès que tu veux arrêter, tu appelles et on vient te chercher", me répond-il toujours avec un grand sourire. Et ben au moins on ne nous met pas la pression chez vibram. Merci pour ça chef! Petit ravito donc et je repars avec ma 2ème veste, plus lourde, vu que j'ai perdu la 1ère (NDLR: en fait je me suis trimballée les 2: je cherchais le coupe vent dans la mauvaise poche!).

La montée vers Pico de las Nieves (km84, 6200+, 13h) est très très très laborieuse. Je n'ai plus de force. "Bon, tu montes au Pico et tu abandonnes dès que tu croises une route". C'est pas mieux à la descente, mes pas sont raides et saccadés. Aie j'ai mal. Pourtant ce début de descente est très sympa avec un sentier joueur et une vue magnifique. Ah s'il n'y avait pas ces foutus fibres cassées, je pense même que je prendrais du plaisir. "Bon allez, tu n'es pas blessée, tu arrives à t'alimenter, c'est joli, il n'y a pas de raison d'abandonner. Tu continues sinon tu vas le regretter". Puis dans la montée peu après Tunte (km95, 6300+, 15h52): "ah j'ai ai marre, je n'ai plus de force et aucun plaisir, j'arrête au prochain ravito". Quel est le menteur qui a dit que les filles changeaient tout le temps d'avis? :)


Seulement à Ayagaures (km106, 6666+, 16h28) m'accueillent Nico et Jérôme avec un grand sourire. Je crois même qu'ils me chambrent! Et devant ce débordement de bonne humeur, je ne peux résister: allez, une petite paella (véridique!) et ça repart! Plus que 20km qui seront les plus longs de toute ma vie. Je suis incapable de courir, même sur le plat. Et 20km en marchant, c'est long, très long, très très long! Surtout que, pour le coup, cette partie n'est vraiment pas intéressante. Dommage car indépendamment de mon état de fatigue avancé, cette fin gâche la course. C'est souvent des derniers km dont on se souvient le plus et là ce sont de loin les moins sympas. Pour la forme, je me pousse à courir les 30 derniers mètres et franchis la ligne à au moins 6km/h!! youhou! Fin du plus grand clavaire de ma vie de traileuse après 18h59 de course (est-ce qu'on arrondit à 18h?), 7ème femme (86/524 scratch, 16%).

Fin du calvaire. Photo: Jérôme Bernard

Bon, vous l'aurez compris, ce n'était pas ma meilleure copie! J'ai eu le temps de le ruminer pendant ma grande balade et il y a pleins d'erreurs que j'ai faites dans la prépa. La déception était importante sur le coup et puis je l'ai digérée. Ce n'est qu'une course, ce n'est que du trail et ce n'est que le début de saison. Pire que cela, je pense que ça m'a reboosté pour la suite. Je suis impatiente de rechausser les semelles.... enfin dès que j'arriverai à descendre les escaliers sans me tenir à la rampe!!

Merci à tous ceux qui m'ont suivie et en particulier à mon grand frère sur tous les fronts du live! Un grand merci à Nico et Jérôme pour la megassistance et au team vibram pour la megabonne humeur! Je suis sous le charme! Enfin merci à ceux qui me soutiennent dans les perf et les moins perfs: vibramisostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.

Prochain épisode sur la maremontana!